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Rencontre avec M. Léveillé

par L. Taisne, professeur-documentaliste 3 Juin 2010, 14:19 Club journal

 

Le 1er mars les élèves du club Patrimoine ont rencontré M. André Léveillé qui nous a raconté l’histoire du quartier de la rue Macé de la Charité.

 

  Il y a environ 60 ans le quartier était un ensemble de prés qui appartenait à sa famille. Aujourd’hui on y a construit dans l’ordre chronologique : l’école primaire, le gymnase, le collège, la maison de retraite, le centre de loisirs, la piscine et la chaufferie au bois.

 

  A cette époque, on trouvait vaches et moutons dans des prés marécageux. En bordure du canal on rencontrait beaucoup de roseaux appelés «  rauches ». On les fauchait pour servir de litière au bétail pendant l’hiver. Il y avait, entre le lavoir et le cimetière, plusieurs abreuvoirs et sources. M. Léveillé aimait bien y chasser avec sa famille car le gibier était abondant : lapins de garenne, près de la sablière; bécassines l’hiver par fortes gelées dans les fossés ; poules d’eau dans le contre-fossé du canal ; canards sauvages à l’entrée de l’hiver quand ils  se posaient le soir. Puis des lièvres etc. …

 

 

derniers souvenirs du paysage d'autrefois  Printemps 2010 au bord du canal

 

   L’ensemble de la propriété a été progressivement vendu à la municipalité dont les dernières parcelles en 1995. On peut encore apercevoir ce qui reste de la sablière derrière la maison de retraite. A l’origine, en effet, on avait extrait du sable qui a servi à rehausser le cimetière. M. Léveillé pense que son mur d’enceinte contient certaines pierres de l’ancienne Eglise St-Martin démolie en 1865. Il nous a aussi parlé d’un projet non-réalisé : M. Perrusson, le célèbre fabriquant de tuiles de Sancoins aurait aimé tracer une route à travers le pré pour livrer plus facilement ses tuiles à la gare (à cette époque une ligne de chemin de fer traversait Sancoins).

  

  Pour finir il a bien voulu nous confier quelques  anecdotes personnelles : Le grand Tilleul qui borde la piscine et le rond point des cars a été planté en 1943 par sa grand tante alors âgée de 83 ans. Celle-ci a encore récolté ses fleurs de tilleul dix ans après !

 

Anne et le tilleul de son ancêtre  le tilleul de I943

 

  Un jour, en allant surveiller ses vaches, il se trouva face au taureau furieux qui se préparait à le charger. Il a alors reculé pas à pas sans perdre de vue la bête et il a réussi à se faufiler par un petit trou du mur du cimetière. Encore aujourd’hui, il se demande, vue sa taille, comment il a pu traverser cette si petite ouverture !

 

  Mais son meilleur souvenir reste l’aventure de la charrette. Ce jour-là, dans les années cinquante, M. Léveillé, son oncle et son frère  ramassaient  les rauches qu’ils avaient fauchées, les chargeant dans une charrette tirée par la mule, « Souris ». Perché sur le haut de la meule, M. Lévéillé continuait à charger, à charger encore, jusqu’au moment où la cargaison devenue trop instable, finit par basculer, heureusement sans dégâts pour personne. Il fallut simplement recommencer, en deux chargements, cette fois-là. Le plus drôle de l’histoire, c’est que toute la scène avait été filmée par son frère sur la petite caméra amateur que M. Lévéillé s’était offert avec ses premiers salaires de jeune pharmacien. Nous avons pu voir cette mémorable séquence en noir et blanc, digne d’un film burlesque à la Charlie Chaplin, restée très célèbre dans la famille !

 

 

   Nous avons tous passé un bon moment à évoquer ce passé  qu’on a peine à imaginer aujourd’hui, et nous  le remercions de sa visite.

 

 

                 Manon, Cynthia, Anne, Guillemette, Chloé et Dorian.

 

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